Hello, stranger”

Hello”

(Salut)

“Hello, stranger”

(Salut, l’inconnu)

“The stranger is called J. And who are you?”

(L’inconnu s’appelle J. Et toi, qui es-tu?)

“A stranger in a bar”

(Une inconnue dans un bar)

C’est moi, l’inconnue du bar. T’étais venu timidement m’aborder alors que le groupe jouait une chanson de Snow Patrol. Je m’en souviens parfaitement. J’avais pas envie de discuter avec un énième dragueur. Mais c’était un peu différent avec toi. On finit par quitter le bar, on marche. Tu me prends la main et j’en ai des papillons dans le ventre comme si j’avais de nouveau 12 ans. On arpente les rues parisiennes et on se retrouve à Montmartre. On discute toute la nuit et je finis par m’endormir sur ton épaule, tous deux assis sur les marches. Le soleil se lève et nous allons dans ton petit appartement de location pour que tu me prépares un café. Il était dégueulasse, soyons sincères. T’es anglais, je suis sûre que t’es meilleur avec le thé. Tu ris de ma façon de manger mes céréales au paquet, sans lait, à pleines poignées, comme une gamine. Je dois partir et puis t’es un inconnu, un anglais de passage sur Paris pour ton boulot, je sais. Mais alors pourquoi j’en ai les tripes qui se tordent à cette idée? Tu m’accompagnes à mon métro, et je comprends que je ne suis pas la seule à avoir du mal à partir lorsque je vois tes larmes. Je comprends rien, bordel. Le temps passe, on s’écrit, tu reviens, on commence à s’attacher. Je ne veux pas de ça. Je t’interdis alors de me recontacter, de revenir une nouvelle fois sur Paris. Tu refuses mais face à mon silence, tu finis par renoncer.

“Tu ne mets toujours pas de lait dans tes céréales au chocolat?” T’es trop con, six mois plus tard, voilà que tu re-débarques avec ce message.

Tu te souviens de tout. Et moi je prends conscience de bien des choses. Par exemple que je commençais à m’enterrer dans une relation qui ne m’apportais aucun plaisir, mais qui était ancrée dans la stabilité. ça me rassurait, ou alors je me disais ne pas mériter mieux, je sais pas. Mais merde, je veux pas de ça. Je veux continuer à rêver. Je veux boire du café dégueulasse, danser sur la lune, m’endormir à Montmartre, manger des céréales sous un œil gentiment moqueur.

Tu sais, bel inconnu, nos contraintes font que ça ne sera jamais possible. Mais on s’en fout. Alors, prépare les céréales aux chocolat, j’arrive. Vivons ce qu’il y a à vivre.

    Détails

  • Métro2à Anvers.
  • Une rencontre faite le 9 juillet 2016.
  • Rédigé par une femme pour un homme.
  • Publié le samedi 25 février.

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