Lapin blanc

Derrière vos grands yeux et ces lèvres si finement dessinées, renvoyant aux beautés du celluloide des années folles, vous aviez l’air visiblement tendue, en attente, en retard, ou peur de tomber dans une des deux situations. A moins que ce ne soit l’objet de votre destination qui ne vous cause de l’embarras. J’en serai réduit aux suppositions.

Cheveux mi longs et bruns, ondulés, carnation pâle mais visage légèrement hâlé de la fin de semaine passée, ensoleillée. Deux sacs de voyage témoignaient d’un probable départ ce vendredi soir- ou d’une arrivée en cette gare d’Austerlitz où je vous trouvai ? Assis en face de vous, j’aperçus à peine la silhouette fine, dans un pantalon noir, un blanc sous une veste prince de galles, sur des chaussures à talons en peau retournée. Angoisse toujours, coup d’œil à la montre, aux stations affichées, au téléphone.

Moi en face, je termine le premier roman de Murakami qui me laisse dans une perplexité existentialiste. J’en suis délivré par votre léger sourire, que je ne surinterprète pas. On le mettra sur le compte d’une cordialité polie, au mieux d’un “dans d’autres circonstances nous aurions pu parler de votre livre”. A Vaneau vous descendez promptement, il est neuf heures. Je feuillette le livre.

    Détails

  • Métro10à Gare d'Austerlitz.
  • Une rencontre faite le 17 mars 2017.
  • Rédigé par un homme pour une femme.
  • Publié le vendredi 17 mars.

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