J’écris ça ici, même je…

J’écris ça ici, même je si doute grandement que ce message soit lu par quelqu’un.

Cela me fait juste du bien d’écrire ces lignes et peut-être qu’elles donneront le sourire à un inconnu.

Depuis plusieurs mois, je croise presque tous les jours cette fille blonde de mon âge, je dirais dans les 25-28 ans. Il est environ 8h / 8h10. Elle a une coiffure caractéristique et porte du rouge à lèvres. Elle arrive en face, on s’aperçoit, on se croise et on se remarque. Remarque est d’ailleurs un bien grand mot. Je pense qu’elle s’en cogne un peu, à vrai dire. Elle doit se dire “Tiens, v’la le mec de d’habitude, quel relou!” et ça s’arrête là…

Je me place toujours au même endroit sur le quai. Il faut dire que je suis un jeune home qui affectionne ses habitudes. Rasé, gominé (aussi rasé à blanc sur les côtés), veste jean cintré et boots. Vieux avant l’heure? Oui, très certainement, je confirme. Elle passe et va elle aussi attendre le métro à son endroit particulier / fétiche, en remontant le quai. C’est assez étrange, car même en étant en retard sur mon planning, je la croise ENCORE (par exemple mardi)! Bon sang!

“Direction Nation, prochain train dans une minute”. Je vois les phares de la loco se rapprocher dangereusement. Le bonhomme nous dit que l’on doit s’éloigner du quai par sécurité. Et oui, d’ailleurs, vous avez remarqué?! Il y a maintenant un annonceur en temps réel, sur le quai de la 6: “merci de laisser sortir les personnes avant de rentrer!”, je pensais que c’était évident. C’est d’ailleurs bien énervant! On se croit au Carrefour Market, avec le pauvre type qui doit refourguer ses maudies tomates. Il parait qu’elles viennent de son potager. Argh!

Comme d’hab, je rentre en dernier dans la rame pour pouvoir sortir en premier. Je ne la regarde pas pendant le court trajet car ce n’est pas bien vu socialement (oui, le comble). Je ne me risque pas à fixer le reflet, je n’ai pas envie de passer pour l’énième “Creepy Guy” du Métro parisien. Il y a en a déjà beaucoup…

Il faut aussi dire que je suis extrèmement nul pour montrer mon intérêt. Mon regard est profond, j’aime fixer les inconnus, mais je ne sais pas sourire. En même temps on m’a jamais appris à faire ça… L’autre jour, j’ai failli tomber sur elle lors d’un freinage sec. Ces freinages sont la seule variable qui pimente le voyage. Elle a probablement pensé que c’était une approche nullissime, alors que c’était involontaire. Je me suis excusé.

On est arrivé, je sors et je continue mon chemin comme si de rien n’était. La vie reprend son cours. Je n’irai pas lui parler car je suis atrocement timide, je n’ose pas déranger les gens surtout dans de telles circonstances. Et puis j’ai aperçu une bague, ce qui diminie mathématiquement mes chances. Je n’ai pas la moindre arrière pensée! Échanger quelques mots serait agréable. Il y a trop peu de gens aimables dans ce métro!

Elle emprunte aussi le RER B comme moi et souvent, le manège du matin est reproduit le soir dans le sens du retour. Le hasard est malicieux, ça alors! J’apprécie juste de croiser cette personne, c’est le bonbon du matin.

Ma prose est probablement fortement médiocre, mais c’était tout de même un bon exercice! Adieu lecteur, toi qui est rempli d’espoir en visitant ce site.

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