Quelques regards, un costume noir, une valise mauve : la magie du métro
C’était vers midi et quart, peut-être plus, peut-être moins. Tu es monté à Gare de Lyon, ou à Bercy, je ne me souviens plus. J’étais debout, près d’un strapontin ; toi à côté de la porte, au départ, mais très vite tu t’es assis. Nos regards, imperceptiblement, se sont croisés, pour se fuir et se retrouver, happés, intrigués, envieux. Tu n’étais pas seul, aussi ne suis-je pas venue te parler ; et pourtant, j’aurais dû…
Nous sommes descendus à Saint-Lazare ; la personne avec qui tu étais, un ami, un collègue, est parti, et tu t’es retrouvé derrière moi, dans les escalators, tandis que nous montions lentement pour nous rapprocher de la gare. C’est là que, inéluctablement, tu as disparu, toi à qui je pense sans cesse depuis, pour ces regards croisés si intrigants et si déroutants.
Qui es-tu, toi qui portait un costume noir, toi dont les cheveux châtains foncés bouclaient élégamment ? Sauras-tu te souvenir de moi, de ma blondeur et de cette valise mauve que je transportais ? Si oui, si tu associes la ligne 14 à notre brève et silencieuse entrevue, alors je serais juste heureuse que tu me contactes, par le moyen qui te conviendra. A bientôt, peut-être.
- Métro14à Gare de Lyon.
- Une rencontre faite le 27 juin 2013.
- Rédigé par une femme pour un homme.
- Publié le jeudi 27 juin.