Black nails & white and brown coat.

Vous vous êtes glissée dans une rame à Carrières-Sur-Seine, très tôt ce matin. Et vous avez semé la pénombre dans les yeux de ces morts-vivants de l’aurore. Vous vous êtes imposée comme la maîtresse de leurs carnaires obsessions. De vos ongles noirs brillants, vos doigts de femme agile se délectaient ici et là comme dix intrépides corbeaux, tous seigneurs les uns comme les autres, siégeant parfois sur votre sac comme le rassemblement d’un Grand Conseil des ténèbres.

Votre pantalon noir. Vos bottes noires. Aucune aspérité palpable sur laquelle la seule lumière blafarde pouvait s’accrocher. De votre fine oreille, sertie d’un délicat triptyque d’or, vous absorbez à vous seule les rares éclats désœuvrés. Votre manteau cintré, marron aux flancs blancs, doté en guise de col d’une large fourrure de bronze, vous offrait la silhouette d’une Reine puissante dont on n’oserait défier le regard. J’ai pourtant cherché dans vos yeux noirs obscurcis par votre large et longue frange fumée, une réponse à ce désir de murmurer une prière que vous auriez pu entendre. Mais vous avez méprisé mon regard, et vous m’avez laissé sombrer dans l’ignorance. Puis-je vous avouez ? Douce sensation. J’aurai pourtant voulu être pétrifié, et être pétrifié à jamais. J’aurai pourtant voulu que votre musique, émanant de votre joli petit lecteur rouge, vous mène à moi, pour m’adresser un unique sourire taciturne.

J’espère un jour enlacer à nouveau la grâce de votre teint majestueusement pâle.

Je crois que je vous admire.

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