A une fée encombrée de bagages

Nous nous sommes rencontrés hier en fin d’après-midi dans le reflet de la porte entre Jasmin et Rue de la Pompe, station à laquelle vous êtes descendue pour me laisser le passage. Votre égard, en tout point exemplaire, m’a bien moins touché que vos regards, votre douce fragrance et le délicat cisèlement de votre nuque. Mais ce qui a provoqué chez moi la confusion la plus totale fut le contact inattendu et troublant de nos corps si parfaitement faits pour s’unir lorsque vous avez soudainement ramassé vos bagages. J’aurai aimé faire preuve de plus d’esprit lorsque vous m’avez demandé, surprise, depuis le quai “Vous ne descendez pas ?” La chaleur qui s’était emparée de mon cœur ne pouvait se transmettre qu’à la survie de ses propres pulsations. Devenu idiot puis aphone, un réflexe de courtoisie a cependant eu la bonne idée de ne pas vous imposer de vous sentir tout contre ce moi irradiant lorsque vous avez réitéré l’opération à la station suivante. Vous étiez évanouie. Chère fée encombrée de bagages, peut-être ai-je rêvé tout cela ? Sans doute preniez-vous mes regards, peu discrets comme le sont parfois ceux des hommes, pour tout autre ? Si ce n’était pas le cas, que faire pour vous sentir à nouveau de tous mes sens ?

    Détails

  • Métro9à Trocadéro.
  • Une rencontre faite le 3 mai 2018.
  • Rédigé par un homme pour une femme.
  • Publié le vendredi 4 mai.

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