Et un soir une femme

Je revenais d’un cinéma dans le quartier de Montparnasse. Tu es montée dans une station entre Sèvres-Babylone et Solferino, en tout cas rive gauche, c’est sûr. J’étais assis sur un strapontin en bout d’une rame. Tu es allée t’asseoir dans un carré en me faisant face.

Tu es une femme blonde (mais pas platine) aux yeux fins (mais pas fermés). Avec un bon maintien dans ton haut noir. Et j’ai vu que tu portais aussi des baskets claires par en dessous du siège.

Nous nous sommes regardés. Comme ces regards étaient assez fixes, j’ai voulu contrer mes emballements en me posant la question : est-ce qu’on regarde l’autre ou est-ce qu’on regarde dans sa direction. Mais, de toute évidence, je te regardais et tu soutenais mon regard. Mon coeur défaillait. Sur ce trajet d’une dizaine de stations, je me suis échappé ponctuellement dans mon portable, dans le cadran de ma montre ou dans les carreaux de la Concorde. Pour ta part, ce n’est que vers la fin que tu as regardé ton mobile.

Et j’ai du descendre à St Lazare, et je t’ai lancé une oeillade, tu m’as lancé un sourire. Je t’ai répondu, et j’ai filé avant que les portes ne se referment. Mon coeur était fort heureux dans les longs couloirs de Saint Lazare.

J’aimerais te recroiser. On se reverra, on se resourira, on se posera et on se parlera.

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