Petite élucubration de la ligne 2

Je vous avais vue monter

Quelque part avant Pigalle

Eclat de feu de Bengale

Dans un soir de presque été !

Une courte robe rouge

Des jambes d’un blond rêvé

Des cheveux… roux… relevés

Puis plus rien – l’image bouge

Et la foule vous enfouit

Vous noie et vous escamote

Mes yeux font du rase-mottes

Je vous vois !, non !, oui !, non !, oui !

Je vous vois mais à l’envers

Dans le verre des lunettes

D’une piquante brunette

Au superbe regard vert ;

Dans la vitre - mais de dos

Ou bien alors par « fragments »

Enfin : pas « entièrement » !,

Entre un chauve et un landau

Nous jouons à cache-cache

Vous d’ailleurs sans le savoir…

- Je ne parviens à vous voir

Qu’en écartant trois moustaches !

Mais le trajet se poursuit

On passe Monceau et Ternes

Je vous perds (ça me consterne)

Le crane du chauve luit

Et voici Charles de Gaulle

(Bientôt la libération)

Puis comme une aspiration

Qui me saisit aux épaules

Bref le mouvement de foule

Habituel et je sors

Plus serré qu’un hareng saur

Dans le fleuve qui s’écoule

Sapristi (!), où êtes-vous ?

Vous n’êtes plus nulle part !

Et ce métro qui repart

Déjà ! – avec ou sans vous ?

Hélas, je vous ai perdue

(Comme on perd un mouchoir,

Sans voir qu’on le laisse choir

D’une poche distendue)

Dès lors, tout était fini

Et j’étais inconsolable

Sans plus aucun but valable

Aucun espoir défini…

La vie sans vous serait fade

Et longue à n’en plus pouvoir

Je pouvais déjà m’y voir

Déjà j’en étais malade

…………………………

Puis… soudain… elle fut là

Avec sa courte robe… verte…

Blonde… la bouche entrouverte…

- Tout le reste s’envola… !

    Détails

  • Métro2à Anvers.
  • Une rencontre faite le 8 juin 2018.
  • Rédigé par un homme pour une femme.
  • Publié le vendredi 8 juin.

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