Entre quai et strapontin. Entre toi et moi ? Un entre-deux fugace.

Sur le quai, tu es passée devant moi. Courbée sur ton mobile, tu t’es stoppée pendant de longues minutes à quelques mètres de ma figure. Entre deux magnétique. Le temps de respirer ta présence, tu avais déjà repris ta course le long du chemin de braille. Le train entre en station. Avec ta silhouette pour souvenir, je me pousse vers le wagon vorace et impassible. Tu apparais soudain, négligeant l’autre porte pour venir déplier le strapontin voisin. Tête nue, assise sur ma droite, baskets blanches aux pieds, tu croises les jambes. Les oreilles coincées entre un casque, la musique m’étouffe, le tintement de mon cœur s’anime, les lumières du tunnel défilent claquant sur la vitre. La ligne n’a jamais été si courte. Blanc, noir, blanc, noir. Tu observes la carte, tu me regardes ? Tu soupires, tu me souris ? Tu as hâte de sortir, tu voudrais parler ? Tu es là par hasard, tu es revenue pour moi ? Je ne sais quoi lire. Je parcours les lignes de mon livre, cache mon égarement par sa couverture. De belles lunettes dorées. Fines. De longs cheveux. Dernière image fugace, tu es partie.

Peut-être que je n’ai pas compris les codes. Peut-être que j’ai construit un espoir, un imaginaire. J’emporte néanmoins le souvenir de ta présence descendue à la Motte-Piquet. Il était 12h30.

Répondre

Vous devez vous identifier pour pouvoir répondre à cette annonce.