Pour les jours de désillusion

Je rentrais haletante dans le train, alors que les sirènes retentissaient et que mes jambes se dérobaient sous mes pas. Tu m’as regardé avec un sourire d’une bienveillance folle. C’est là que tu me lances, avec un air de douce taquinerie, que c’est là tout l’avantage d’être à la retraite, mais qu’au vue de la jeunesse de mes traits, il fallait que j’attende un peu avant d’avoir cette chance. On a parlé de tout, de rien, des trajets fous et interminables, des jours de désillusion, de la dureté de la vie qui peut nous frapper en pleine figure, comme après cette journée de 12h à voir des enfants malmenés et que l’on sait condamnés. Puis avec une colère certaine, tu évoques “ceux qui ne comprennent pas, qui comprennent pas vous et moi, ceux qui sont au chaud dans leur petite bagnole et qui nous demandent d’avoir le sens de l’effort. Ceux qui sont déconnectés de ce qu’on vit”. Je te parle de mes projets, de ces cailloux que je lance sur les étoiles, quitte à prendre le risque que le ciel me tombe dessus. Puis le train s’arrête et tu me lâcheras “vous êtes très lucide et vous réfléchissez beaucoup, mais n’oubliez pas que la vie est belle”

Je te réponds que je n’en ai jamais été aussi convaincu. J’aime la vie comme une folle et j’aime tous ces petits riens, toutes ces petites rencontres qui la rendent encore plus belle. Merci pour ce petit moment tout doux, mon petit papi inconnu.

    Détails

  • Transilienrà Melun.
  • Une rencontre faite le 17 janvier 2019.
  • Rédigé par une femme pour un homme.
  • Publié le jeudi 17 janvier.

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