L’aveugle et le chien

Dans un métro d’hiver,

Habillé de tristesse,

Un jeune homme se promène,

Guidé par un chien.

“Oh ! Dis-moi

Que verrais-je si j’avais

De vrais yeux ?”

“Tu verrais, dit le chien,

Déguisant le décor

Très consciencieusement

Avec de beaux mensonges :

Un énorme wagon

Entouré de belles lumières,

Un sol dallé,

Des voûtes peintes

Des murs multicolores

Des sourires sur tous les visages

Des voyageurs tout heureux

Des couloirs bien propres

D’autres chiens que moi

Et tous en liberté…

Tu verrais la lumière

Et encore la beauté

Et puis la joie de vivre

Et beaucoup d’autres choses

Que je ne sais décrire…

Tu verrais toi et moi

Tu te verrais surtout

Salué comme un prince

Par les agents et leur suite

Au fond d’un Élysée…”

Dans un métro d’hiver

Habillé de tristesse,

Un jeune homme est aux anges

Pendant qu’un chien pleure…

(Librement inspiré d’un poème d’Ahmed Azeggagh)

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