Joli inconnu que j’ai rencontré entre La Défense et champ Élysée Clemenceau

e n’en reviens toujours pas de ma lâcheté ! Et pourtant je suis tout sauf timide. Plutôt sociable et même extravertie. Je suis entré dans ce wagon ligne 1, me suis assise distraitement, une poignée de seconde plus tard te voilà assis face à moi, un peu en diagonale vers ma gauche. Tu lis un livre que tu refermes assez vite pour balayer les usagers du regard, regarder ton téléphone… tu es beau, brun, peut-être des origines espagnoles… un visage si joli qu’on dirait qu’on l’a dessiné. Je mûri cette pensée lorsque d’un seul coup tu me surprend à te dévisager. Je me sens tellement gênée d’un coup que je tourne la tête comme si on m’avait giflé puis je me met bêtement à regarder mes mains, je joue instinctivement avec mes doigts (enfantin comme réaction) en vrai j’ai un peu honte. De quoi ? Tu es beau et les belles choses les belles gens sont fait pour être regarder non? Tu m’as surpris et peut-être un peu étonné et flatté tu n’as de cesse de me guetter à ton tour, intérêt ou jeu d’égo pour me mettre encore plus mal à l’aise ? En tout cas je n’ose plus croiser ton regard. Et ça m’étonne de moi. Tellement! Je suis plutôt bien dans mes baskets et sûre de moi, mais là je suis comme une gamine de 15ans (j’en ai le doute en réalité, je le les fait pas d’après les gens qui me côtoient mais cela est un détail!) je meurs d’envie d’échanger un mot, un sourire, un regard, nos numéros avec toi. Mais je n’en fais rien. J’arrive bientôt à champs Élysée Clemenceau et je rassemble mes affaires pour descendre. Tu es toujours assis, tu me vois faire, tu lèves la tête un peu bizarrement comme si tu c’te préparais déjà à me jeter un dernier regard avant que je ne descende en passant à côté de toi. J’ai envie de te regarder, te te faire un signe un sourire même si cela n’engendrait rien, mais je passe à côté de toi sans un regard. Une fois descendue sur le quai et les portes fermées derrière moi, je me sens moitié soulagée de quitter cette atmosphère pesante et à la fois lâche, déçue, sans joie.

Je me suis dit que je n’allais jamais te revoir, un visage même joli, ce n’est rien en soit. Auréolée de mystère n’importe quel inconnu porte en lui comme une promesse d’être la meilleure version que notre esprit lui confère. Et pourtant je ne saurais jamais si tu m’aurais plu davantage en échangeant avec toi, si tu m’aurais fait rire, arquer un sourcil. Ce qui est sûre c’est que tu n’avais pas encore sourit que tu étais magnifique.

Si par hasard tu tombes sur ce message, et que par un plus grand hasard encore on se recroisse, je ne peux pas garantir que j’accourrais vers toi mais si tu fais un pas vers moi, cette fois, je ne reculerais pas.

La femme ébène qui portait une fourrure noir, un rouge à lèvres rose-mauve et des bottines marron clair.

    Détails

  • Métro1à La Défense.
  • Une rencontre faite le 14 novembre 2019.
  • Rédigé par une femme pour une femme.
  • Publié le mardi 19 novembre.

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