En bas des escaliers, appuyée contre le mur…

Un groupe jouait devant le panneau des stations de la ligne 10 direction gare d’Austerlitz, tu les écoutais du bas des escaliers, appuyée contre le mur. Nos regards se sont croisés puis suivis quelques instants. Je n’ai pas osé ralentir le pas. Je suis allé sur le quai, j’ai ouvert un livre envers lequel je ne pouvais désormais que feindre l’attention. J’espérais que tu monterais dans le même métro que moi.

C’est ce que tu as fait; dans le même wagon, celui du bout du quai. On était face à face, serré, le livre auquel je ne comprenais plus rien entre nous. Je suis descendu deux stations plus loin à Odéon, triste d’avoir passé les quelques minutes que l’on avait ensemble à éviter ton regard. Je me suis arrêté au bout d’une dizaine de mètres, je me suis retourné, tu étais de dos.

Puis tu t’es retourné à ton tour.

On s’est échangé un regard aux allures d’aveu, auquel tu as ajouté un sourire triste, implorant, qui semblait me demander “Pourquoi n’as tu pas osé avant? Faut-il qu’on en reste là?”.

Bien sûr, j’aurais pu sauter dans le métro avant que les portes se ferment, mais si je suis en ce moment en train de rédiger cette annonce, c’est que je n’en ai pas eu le courage.

Par contre j’ai pris le suivant (ah ah), ce qui n’a bien sûr pas servi à te retrouver…

Alors voilà, si par bonheur tu tombes sur cette annonce, fais moi signe! On ira écouter de la musique ensemble, à la Cigale ou station Sèvres-Babylone!

Il était 19 heures, j’avais un blouson en cuir et un keffieh.

    Détails

  • Métro10à Sèvres — Babylone.
  • Une rencontre faite le 25 février 2009.
  • Rédigé par un homme pour une femme.
  • Publié le mercredi 25 février.