Vous ne vous retourniez plus

Aujourd’hui, mes idées s’emmêlent et s’affrontent ; par votre charmant minois, mes sentiments sont troublés.

Quand ce matin, je suis monté dans le wagon, je savais d’avance que j’allais vous y trouver et que vous n’oseriez pas m’écrire. J’espérais à la fois vous voir, votre présence allait encore provoquer quelques frissons chez moi, mais j’espérais aussi ne pas vous croiser. Je suis un peu lassé en réalité, de vous écrire, d’essayer d’entrer en contact avec vous, de tenter et ne rien recevoir d’autres que ce mot « Je suis déjà avec quelqu’un ». Alors, j’attends un geste, un moyen de vous connaitre. Toutefois, pour ne pas trop me tourmenter, j’ai préféré prendre le parti de l’indifférence.

J’ai fait le choix d’être en face de vous, encore, pas exactement en fait puisque vous étiez assise sur le siège côté fenêtre. Je ne voulais pas tourner la tête vers vous mais il fallait bien que je m’occupe ; j’ai essayé de m’assoupir en fermant les yeux ou en trouvant un point à fixer ailleurs ; je n’avais emporté aucune lecture.

Parfois, par éclair, je pouvais suivre vos gestes, vos cheveux dorés que vous recoiffiez souvent, vos yeux bleus tout rond encadrés par votre regard en amande. Votre regard n’était fixé sur rien de particulier, vous tourniez votre tête, vous me regardiez quelque fois je crois. Votre visage se dessinait intérieurement, je ne pensais plus à un jeu mais à une autre chose, plus perturbant. J’espère que je vous connaitrai un peu plus, en savoir d’avantage, et que cela restera un jeu car je n’ai pas le droit d’être amoureux.

Vous savez, les circonstances de notre rencontre, votre regard encore, votre sourire aussi, vos cheveux, votre timidité, tout cela m’attire ; peut-être aurais-je besoin de ne plus prendre le même train que vous, pour vous oublier ; peut-être devrais-je vous connaitre, pour entendre le son de votre voix et ne pas l’aimer, pour échanger avec vous et que la découverte soit décevante. Je ne sais que faire, vous me plaisez ; ce matin en vous évitant du regard, cela m’est apparu comme une évidence, je nous ai même vu ensemble, peut-être deviens-je fou. Je m’étais déjà surpris à rêver que je vous embrassais, j’ai un peu honte de vous l’avouer. Je ne sais pas comment peut-on penser à quelqu’un de cette façon alors qu’on ne connait pas la personne en réalité.

Est-ce l’intuition ou suis-je amoureux d’une image furtive, d’une tentation ; probablement devrais-je ainsi cesser pendant un temps de fréquenter ce train et ce wagon. Je vais y réfléchir.

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