La fable des trois erreurs

C’était un jeudi soir spectral et froid, les rares voyageurs bravant l’hiver parsemaient un quai sans poésie.

La nuit est basse, la lumière électrique crée une atmosphère irréelle et c’est là que commence la fable.

Je me retourne et que vois-je? Une jolie jeune fille au sourire malicieux et emmitouflée dans une grosse écharpe bien chaude. Le hasard (mais je l’ai peut-être aidé un peu) me fera monter dans la même voiture qu’elle.

Première erreur: je me place au mauvais endroit dans la voiture. Il me faut tourner la tête pour l’apercevoir (et c’est un peu visible) alors qu’en choisissant la place libre face à elle, j’aurais pu discrètement laisser vagabonder mon regard sur sa jolie personne.

Deuxième erreur: je n’écris pas mon numéro de téléphone sur les vitres embuées. Si d’aventure elle m’a aperçu comme moi je l’ai vue, elle cherchera peut-être à me retrouver, mais dans ces situations là on manque toujours d’esprit.

Troisième erreur: en sortant du RER je me retourne pour lui lancer un dernier sourire et à ma grande surprise elle me regarde aussi mais je ne prends pas l’initiative de m’interposer pour empêcher les portes de se fermer et ainsi effacer les deux premières erreurs.

Et si vous me laissiez une deuxième chance?

    Détails

  • RERbà Denfert-Rochereau.
  • Une rencontre faite le 14 mars 2013.
  • Rédigé par un homme pour une juliette.
  • Publié le vendredi 15 mars.