Croisée au Louvre - Perdue de vue dans le métro

Exposition “de l’Allemagne”, lundi après-midi, parmi les classiques de l’âge d’or allemand.

Perdu entre les cimaises des romantiques germaniques, happé par deux siècles d’histoire, je déambule tel un esthète comblé.

Et voilà que je vous aperçois. Tout à trac, plus rien d’autre ne compte, éclipsés les peintres et autres esprits supérieurs.

Je vous ai maladroitement suivie, dévoré par une timidité qui m’empêcha d’esquisser le moindre geste en votre direction. J’ai passé un bon quart d’heure à me repaître de vous visage, si joli. A échafauder mille stratagèmes pour me faire remarquer de vous. En vain bien sûr.

J’ai déambulé dans le carrousel, toujours rongé par ma timidité. J’ai voulu mille fois vous aborder, vous dire les phrases qui me brûlaient les lèvres, vous inviter à boire un verre face aux Tuileries pour parler d’art, de vous, d’une soirée que nous aurions pu passer à l’opéra ou au théâtre….

Mais non, je suis resté coi. Interdit. intimidé. Adolescent. Sans courage.

Et j’ai arpenté le jardin comme une âme en peine, persuadé d’être passé à côté d’une très belle personne. Le cœur aux lèvres, je vous ai lassée disparaître. Quel âne!

Si par le plus grand des hasards vous avez aperçu mon petit manège, faites-le moi savoir!