L6, de Bercy à Daumesnil.
Bonjour mademoiselle,
Vous étiez assise dans le carré côté quais, place fenêtre, contre le sens de la marche. En direction de nation je suis monté à Bercy; le train ralentissant vous m’avez regardez sur le quais brièvement. Je vous ai regardé et je suis monté m’asseoir sur les strapontins en diagonale qui vous faisaient face.
Vous aviez éveillé ma curiosité, à mon tour je vous regardais. Surprise, vous avez souri discrètement en baissant les yeux après que j’eus soutenu votre regard. J’eu peur de vous mettre mal à l’aise et je détourna la tension de mes yeux noirs. J’essayais de ne pas vous regarder, mais vous me regardiez furtivement, nous devions nous regarder. Gêné l’un l’autre, une petite complicité nous faisaient sourire, chacun tentant de se retenir.
Pourquoi se retenir? Je me suis levé et ai reboutonné mon manteau, nous étions déjà à Daumesnil. Je me suis dirigé vers la porte et en l’ouvrant je vous ai regardé pour un dernier sourire sans équivoque mais trop timide là encore… Alors que vous vous m’avez fait un beau sourire.
Mademoiselle, je ne vous ai pas souris comme je voulais. Je n’ai pas eu le courage de venir auparavant vous importuner dans votre place forte, vous reine bien entourée dans votre carré. J’aurais du descendre à votre station et vous rattraper, le terminus n’était qu’à 3 stations. La peur de vous effrayer et du ridicule me reteint encore. Aussi tôt sorti de la rame je le regrettais déjà.
Si par miracle vous me lisiez, écrivez moi et rencontrons nous. Peut être une personne vous connaissant vous relatera mes mots sachant que vous empruntez la ligne 6…
En vous saluant.
Joël: meneau noir, chaussure noires, costume gris anthracite métallisé, chemise bleue ciel.